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APPEL À LA LUTTE

Le constat. Si comme moi , vous êtes handicapé à 80% et titulaire du macaron GIC/CIG; vous en avez assez de vous prendre la tête à chaque fois que vous désirez aller en ville; qu'il vous arrive parfois de ne pas pouvoir descendre ou monter dans votre voiture; de faire vos courses, non pas en fonction du prix, de la marque, du choix, du service après vente, mais uniquement en fonction de l'espérance de trouver une place de stationnement devant le magasin.

Si, à chaque fois que vous faites une démarche administrative, vous êtes obligé de téléphoner pour demander où sont les places pour handicapés, pour obtenir le numéro de code qui vous permettra d'entrer à l'intérieur, alors la colère monte, le ras le bol s'installe, la révolte gronde.

Ce problème alimente abondamment le courrier des lecteurs des revues pour handicapés moteurs. Vous aussi, probablement, faites vos courses les jours où il n'y a personne. Encore faut-il en avoir la possibilité. Les centres villes nous sont de fait, souvent interdits. Quid des zones interdites à la circulation ? Une solution pour ceux qui ne peuvent monter dans un bus, conduire qu'une voiture adaptée à leur handicap et dont le montant de l'allocation adulte handicapé ne permet pas de prendre un taxi, a-t-elle était prévue ?

Que faire ? Un de mes amis handicapés en est venu à peindre en rose les voitures des valides stationnées sur les places réservées aux handicapés. Un autre s'est spécialisé dans la crevaison des pneus.D'autres perdent leur temps à poser des autocollants sur les pare-brises des contrevenants. D'autres enfin se garent derrière la voiture de l'incivique pour le bloquer.

Personnellement, j'ai organisé, en 1996, sur la ville de Nancy avec l'aide de la mairie et de l'APF, une campagne d'information et de sensibilisation pour le respect des places réservées aux handicapés. La Mairie de Nancy a imprimé gracieusement les papillons, la police nationale a donné son accord, les étudiants de la faculté de pharmacie les ont distribués, l'Est républicain n'a pas lésiné sur la place dans ses colonnes pour relater l'événement, F3 Nancy et M6 n'ont pas été en reste, RTL nous a permis de nous exprimer sur les ondes, F3 Nancy a consacré une émission spéciale santé sur ce sujet. Bref , l'efficacité assurée . Oui, mais pendant combien de temps ? Un mois, deux peut-être. La police a probablement été inconsciemment plus vigilante; les grandes surfaces, que j'avais alertées, ont certainement demandé à leurs vigiles un effort; certains citoyens, rencontrés pendant la campagne, m'ont affirmé que plus jamais ils se mettraient sur une place réservée même pour 5 '.(C'est l'excuse que nous entendons le plus souvent). Depuis tout est rentré dans l'ordre, c'est pour nous, de nouveau la galère. L'APF a bien fait une campagne médiatique, j'en attend encore les effets.

Devant cet état de fait, cette interdiction à vivre normalement, je me pose quelques questions: Les campagnes d'information sont-elles utiles et efficaces ? Existe-t-il en France une autre catégorie de citoyens obligée de se battre pour faire respecter la loi ? Les parkings des grandes surfaces sont-ils un lieu de non-droit ?

Quelles solutions ? Refaire et encore refaire des campagnes ? Je doute de l'efficacité. Et on ne va quand même pas passer notre temps de loisirs à se battre. En 1970, sur des routes étroites, avec des voitures peu sûres, nous roulions à des vitesses peu avouables. À la sortie des bals , les jeunes ne se préoccupaient pas trop de leur taux d'alcoolémie. En 1970, il y avait 20000 morts sur les routes avec deux fois moins de circulation. À coup de contraventions, la vitesse moyenne a baissé, les conducteurs font plus attention à ce qu'ils boivent. Le nombre d'accidents a baissé. Il y a eu certes des campagnes d'information, mais le grand mérite en revient à l'évolution de nos lois et à l'application qui en a été faite par nos gendarmes , policiers et magistrats. On m'objectera que l'excès de vitesse, la conduite en état d'ivresse et le respect des places pour handicapés ne sont pas du même domaine. Oui, certainement. C'est ce que j'aurais probablement dit pendant mes 49 ans de validité. Aujourd'hui, j'en suis moins sûr et je ne souhaite à personne de devenir comme moi pour qu'il rejoigne mon point de vue.

En conclusion: Je pense que seul, une révision de la loi pourra améliorer cette situation invivable.

Comment agir ? Avec quelques amis nous y réfléchissons. Vos idées nous intéressent. Rejoignez-nous.
patrick meyer Le 15 Septembre 1997.


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